Les Mémoires de philosophie de Lyon

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Étudiants de master de philosophie
Rubrique: 
Philosophie
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1. De l’expérience religieuse dans la philosophie de Bergson - Brice Faucon
C’est une réflexion qui porte sur la validité de l’affirmation du fait mystique par Bergson et sur la positivité de son contenu. Sa philosophie de la religion et ses notions centrales, les deux morales et les deux types de religion, sont soumises à diverses interrogations et tentatives de réduction par le biologique, le symbolique et le psychologique, de façon à voir si l’affirmation spiritualiste résiste à une explication par le bas, vidant l’idée de surnature de son contenu. En particulier sont revisitées Les deux sources de la morale et de la religion, et dans une moindre mesure L’évolution créatrice, ainsi que le reste du corpus bergsonien. Les travaux de William James sur l’expérience religieuse et de Frederic Myers sur la person- nalité humaine jouent également un grand rôle dans cette réflexion par l’apport d’éléments empiriques cruciaux qu’ils constituent. Par ailleurs, les figures de Gandhi et de mère Theresa sont appelées à témoigner et à illustrer le fait mystique et la vocation morale qu’elles incarnent et représentent en ligne droite avec la philosophie bergsonienne de l’action.
 
2. Foucault et la résistance – Une analyse du dire-vrai, de l’aveu à la parrêsia - Maxime Mariette
Quand Foucault parle de résistance, dans les années 1970, ou de contre-pouvoir, c’est pour analyser les rapports de pouvoir et signifier que la résistance advient né- cessairement là où il y a du pouvoir en tant qu’immanent aux relations de pouvoir ; une résistance comme réac- tion. Quand il parle d’invention, dans les années 1980, c’est pour caractériser le sujet comme ayant la possibilité d’inventer des formes de vie, d’expérimenter des modalités expressives, des manières d’être ensemble, de tenter des rapports à soi et aux autres inédits ; une résistance comme production. Ce travail se voudra être un éclaircissement de l’évolution chez Foucault d’une pensée de la résistance comme réactive à une pensée de la résistance comme productive à travers l’étude de deux modalités du direvrai : l’aveu, comme technique d’assujettissement de l’individu par les divers dispositifs de pouvoir, et la parrêsia comme subjectivation de et par l’individu. Cette étude aura donc pour but de montrer qu’une résistance est toujours possible par la création éthicopolitique de soi-même.
 
3. L’Homme et le jardin : formes et valeurs dans le monde contemporain - Sophie Guyon
S’y trouvent étudiées l’urgence d’interroger notre rapport à la terre et aux plantes en ce début de XXIe siècle, la symbolique du lieu et des entités qui le peuplent, mais aussi de nouvelles formes de cultures révolutionnaires comme la permaculture ou la biodynamie... Mon travail croise une multiplicité de problématiques et d’enjeux tant métaphysiques, politiques, esthétiques qu’éthiques et poétiques. Les auteurs convoqués sont aussi divers que les domaines parcourus, allant de Jacques Brosse, Karel Capek, Masanobu Fukuoka, à Rilke, Goethe, Hegel, Lieu- taghi, Proudhon ou encore Paul Harel et tant d’autres.
 
4. La décélération - Lucile Frotier
Une critique sociale du temps , de l’accélération dans la ville de la modernité tardive et un questionnement sur la possibilité d’émergence (et la place) de structures décélé- rantes (les îlots de décélération) favorisant les «rythmes» contre la cadence : (Hartmut Rosa , Paul Virilio , Bachelard et la rythmanalyse , Deleuze , Paquot(philosophe de l’urbain)
 
5. La question de la diversité des arts a-t- elle encore une pertinence aujourd’hui? - Agathe Henssien
 
6. Le solipsisme, approche à partir de L’Etre et le Néant de Sartre - Vivien Guillot-Jérôme
L’hypothèse solipsiste, qui met en péril la plupart des philosophies, est un ennemi privilégié pour nous autres penseurs. De par sa nature même, le solipsisme résiste fortement à la critique et semble ne pas pouvoir être définitivement infirmé. Jean-Paul Sartre émet ce constat d’après l’analyse de trois attaques contre le solipsisme : celles de Husserl, de Hegel et de Heidegger. Devant l’impuissance de ces trois pensées à contrer la thèse so- lipsiste, il propose sa propre conception comme réponse à cet obstacle philosophique. Il s’agira alors de détermi- ner si le geste sartrien atteint son objectif, ou s’il échoue comme ses prédécesseurs.
 
7. La sollicitude comme ouverture à l’intersubjectivité - Clémence Sadaillan
On note le retour de la philosophie morale sur le devant de la scène philosophique et sociale depuis quelques dé- cennies, avec l’éthique du care par exemple. Délaissant les notions de care, de charité ou encore de pitié, toutes présentant des inconvénients ou des défauts d’ordre eux- mêmes moral, mon travail revient sur ce terme ancien qu’est la sollicitude. Elle devient, de par son étymologie et ses différentes significations, le socle de l’élaboration d’une forme d’intersubjectivité. Influencé par l’éthique aristotélicienne plutôt que par la morale kantienne, sui- vant le chemin métaphysique de Levinas, - mais dépassant la prise d’otage du « je » par l’Autre -, et s’attachant à analyser la portée novatrice ainsi que les limites de l’in- tersubjectivité selon Husserl dans les Méditations Cartésiennes, ce mémoire cherche plus précisément à étudier les conséquences de l’aide théorique et pratique offerte à l’autre sur la constitution du sujet en tant qu’être moral, et donc en tant qu’être aux limites égologiques poreuses.
 
8. Les niveaux impersonnel et personnel : La naturalisation de l’intentionnalité entre phénoménologie et sciences cognitives - Charles Tricon
L’impasse dans laquelle se trouvent les sciences cogni- tives pour ce qui est de rendre compte de ce qu’est la conscience phénoménale est l’aveu de l’échec du cogni- tivisme et peut-être d’un naturalisme de type physica- liste. On se pose la question de la possibilité d’un natu- ralisme de la perception en dialoguant entre autres avec le mouvement de la cognition incarnée. Ceci amène à reconsidérer la relation Sujet-Objet dans la perception en lui préférant un statut pré-objectif (ou pré-subjectif). Faire de ce statut la base d’une théorie scientifique de la perception (si cela est possible) est un challenge qui pourrait aboutir à la création d’objets et d’instruments techniques inédits.
 
9. La cité de Dieu leibnizienne ou la refondation monadologique de Florence - Leo Pougnet
 
10. Surnaturalisme et modernité chez Charles Baudelaire - Yoann Loir
 
11. Le cabinet de curiosités, theatrum mundi contre le «machinal du monde» - Quentin Bazin 1966, Gracq parle de la collection de Breton : «Il y avait là tout un refuge contre le machinal du monde». Ces ob- jets, dans un ordre propre au collectionneur, «faisaient monde» en tissant une relation avec le symbolique et l’invisible, contre notre modernité qui semble homogé- néiser et rationaliser la diversité du réel, abandonnant le caractère infiniment mystérieux du vivant, caractère assumé et questionné dans les cabinets de curiosités par leurs liens avec la mort et le cosmos. Benjamin, Rosa, Leibniz, la phytothérapie, Heidegger et Aragon nous ai- dent à restaurer l’aura d’un rapport magique et exotique aux choses.
 
12. «Gaston Bachelard et la Psychanalyse» - Lisa Castelly
Il s’agit d’étudier les amours compliqués entre Bachelard, les théories freudiennes et leurs cadettes Jungiennes. Au delà d’une simple mise en relation, je compte interroger la notion d’inconscient collectif des images premières et la possibilité d’un épanouissement de la psychanalyse en philosophie comme fondement d’une herméneutique.
 
13. L’identité personnelle à l’épreuve de la maladie. Approche croisée entre philosophie et littérature - Océane Spigarelli
L’expérience de la maladie dessine les contours flous du sujet, et représente un bouleversement majeur pour la conception de l’identité personnelle. La question « qui suis-je » n’a plus de réponse immédiate. La maladie a beaucoup à nous apprendre sur le concept d’identité, au sens même où elle le déconstruit. Le vécu des malades a alors toute son importance. Ce travail s’attache à consi- dérer les récits de patients qui, brisés par l’annonce du diagnostic, sont incapables de se penser comme uns et continus dans le temps. Le but de ce travail est de faire jouer différentes approches – littéraire et philosophique pour comprendre le bouleversement identitaire dû à la maladie et la remise en question conceptuelle qu’il en- gendre. Il sera aussi en mesure de proposer de nouvelles approches identitaires – d’inspiration ricoeurienne – permettant aux patients de dépasser l’identité de malade, et de retrouver une dignité singulière intégrant leur différence.
 
14. Le recyclage industriel - Elodie Perrin
Au nom du développement des techniques, des sciences, de l’évolution technologique qui en résulte, n’est-il pas nécessaire de réajuster les normes? Qui dit normes, dit éthique. Mais alors de quelle éthique est-il question ? Il ne faut pas réduire le champ de recherche à une éthique, mais à plusieurs éthiques qui sont en interac- tion. Il sera question de tirer les répercussions dans le domaine environnemental, entrepreneurial, médical du développement de nos sociétés. Les éthiques concernées correspondent à ces trois domaines sur lesquels il faudra s’interroger. De ce fait, jusqu’où l’homme peut-il aller, à travers l’interaction de ces trois éthiques, pour faire du développement durable? Par conséquent, il s’agira de savoir comment ces trois éthiques peuvent être réunies dans le cadre du recyclage industriel.
 
15. De l’événement culturel à la pen- sée de la connaissance : émergence du paradigme morinien et analyse de sa possibilité - Margaux Manent Dulery
Si Lyotard affirme dans La condition postmoderne que « le statut du savoir se trouve déséquilibré et son unité spé- culative brisée », il s’agirait d’analyser l’entreprise d’Edgar Morin comme la réponse à ce constat : l’élaboration du récit du savoir afin de donner la possibilité aux profanes, d’une part, de retrouver leur place au sein de la société scientifique en participant à cet événement que serait le changement du paradigme cartésien en paradigme « com- plexe » ; aux spécialistes d’autre part, de retrouver leur place au sein d’une société instituante en exposant les enjeux de la connaissance. Plus précisément, comment à partir des événements culturels de la fin des années 60, entreprendre de constituer une « démocratie cognitive » visant à réconcilier les connaissances à la réflexion.
 
16. «Umwelt: repenser l’homme et l’animal» - Brunet Rémy
Le but de se mémoire a été de montrer que le concept d’Umwelt produit une implosion ontologique, un mor- cellement de «ce qui est» qui se traduit par le passage d’une croyance en un seul monde intelligible (le nôtre), à un état de fait qui rend comme palpable la diversité des mondes intelligents (animaux comme humains). La biologie théorique de Uexküll nous apprend à relativi- ser les différentes valeurs que l’homme pense immuables (l’espace, le temps, l’objet...). Elle est aussi un puissant déictique qui montre la spécificité du vivant.
 
17. Euthanasie: du débat en société à la réalité médicale, où en est-on? - Elodie Lemoine
Ce mémoire sera constitué de trois grandes parties, allant d’un état des lieux du débat tel qu’il est présent dans la société, en passant par une partie d’analyse philosophique des concepts de mort et de souffrance, susceptibles d’être à l’œuvre dans l’imaginaire collec- tif sous-tendant le débat décrit en première partie, pour arriver enfin à une réflexion sur la «culture pallia- tive» présente en soins palliatifs avec l’hypothèse que la méconnaissance de ces derniers contribue au caractère passionné et démesuré du débat. (Analyse appuyée sur une semaine de stage dans une unité de SP). La réflexion laissera place à un questionnement sur le concept de «situation-limite» notamment développé par Jaspers. Les auteurs principaux servant à l’analyse des concepts de la seconde partie sont Ricoeur et Jankélévitch.
 
18. Economie et Temporalité : le développement durable est-il théoriquement soutenable ? - Marion Valantin
Aujourd’hui en France le modèle économique dominant repose principalement sur la théorie néoclassique. Certes la pensée économique ne se réduit pas aujourd’hui à cette théorie, en revanche, il est incontestable que le modèle néoclassique est le modèle majoritairement utilisé dans les instances économiques dotées d’un réel pouvoir de décision. C’est le cas du FMI, de la Banque Mondiale, de l’OMC. Or voilà que le modèle néoclassique apparaît comme celui induit et produit de la modélisation et de la systématisation. Qu’est ce que systématiser et modéliser sinon sortir les objets de la temporalité ? La question que l’on peut poser devient celle de savoir si la systématisation produite/induite par le modèle néoclassique, alors même qu’elle a des effets réels sur les stratégies économiques et donc sur la réalité de notre société est compatible avec l’idée de ce que nous pouvons appeler la “responsabilité temporelle”? Plus simplement c’est la rationalité de l’économie que nous mettons en jeu aujourd’hui.
 
19. «Dispositif et subjectivation»: Foucault, Deleuze, Agamben - Raoul Canivet
 
20. L’éthique des arts martiaux japonais - Jean-François Rauch
 
21. Le burn-out ou l’épuisement professionnel « De la précarité professionnelle à la précarisation des liens sociaux » - Romain Giboulet
Ce qui me mobilise : C’est le constat de la souffrance éprouvée par les individus au sein de leurs activités professionnelles. A quel point le monde du travail actuel a-t-il désagrégé toutes formes de solidarité, toutes formes d’entre-aide ? Le système du travail actuel a poussé les hommes à un individualisme. Il a conduit l’individu à ne pas voir plus loin que ses intérêts personnels. Le plus dommageable est que l’individu ne semble tirer aucun profit de cette situation. Cette situation l’a conduit à l’esseulement et à ne devoir compter que sur lui-même, ce qui se révèle à la longue éprouvant. Comment cette situation a-telle été rendue possible? Comment est né ce monde du travail individualiste et individualisant ? Cette situation est–elle le fruit d’une intention? Est-il le fruit du hasard?
 
22. L’attitude d’empirisme radical dans La volonté de croire de William James - Anthony Laravine
L’empirisme radical, comme théorie de la connaissance et métaphysique de l’expérience (tel qu’il a été développé par James après 1900), ne constitue pas l’objet princi- pal du mémoire. C’est bien l’attitude plus que le système philosophique qui va être présenté, comme le suggère le sujet. Autrement dit, le mémoire ambitionne de caracté- riser ce que James lui-même décrit comme l’attitude d’ « empirisme radical » (ou l’attitude radicalement empiriste) dans la préface du recueil La volonté de croire (publié pour la première fois en 1897) à savoir en ses termes : « une attitude philosophique assez précise ». Le ver- sant empiriste de cette attitude consent à ce que « les conclusions les plus certaines » concernant les « choses de fait » soient susceptibles d’être modifiées en fonction de l’évolution de l’expérience future. Le versant radicale- ment empiriste pose le monisme (doctrine postulant une conception déterministe de l’univers) comme une hypo- thèse et non pas comme un dogme avec lequel « toute expérience » doit cadrer. Ainsi, les essais réunis dans le recueil constituent une caractérisation de cette attitude et non pas la démonstration de sa validité.
 
23. Maîtrise et expression des affections, étude sur Spinoza - Lison Malerba
 
24. Une sympathie naturelle pour le cosmopolitisme chez les stoïciens - Maryne Bagni
En parcourant tous les écrits stoïciens dont nous dispo- sons, j’ai perçu une ligne directrice de leur système qui part de leur physique et de l’affirmation d’une sympa- thie naturelle qui entrelace et unifie toutes les choses du monde dans un lien que l’on peut qualifier, pour faire court, de « social » ; pour arriver à l’idée d’une cité univer- selle des hommes à accomplir. Ce lien entre sympathie universelle et cosmopolitisme reste présent durant tout le Stoïcisme. Mon mémoire a donc pour objectif princi- pal de déployer la pensée des Stoïciens, de reconstruire l’enchaînement argumentatif qui leur permet de passer d’une pensée de la nature à une pensée politique. Il s’agit de montrer comment ils fondent le cosmopolitisme sur la physique et de mettre en lumière la formidable rigueur de leur système.
 
25. Le philosophe : intellectuel engagé ou aristocrate intellectuel - Christophe Point
« Il y a d’une part la philosophie idéaliste qui énonce des vérités sur les hommes et d’autre part la carte de la répartition de la tuberculose dans Paris qui dit comment les hommes meurent ». Voilà ce que l’on peut lire dans l’introduction du livre Les chiens de garde de Nizan. Aujourd’hui les étiquettes et les maladies ont changé. Mais l’ambiguïté de la relation entre les hommes et la phi- losophie demeure. Pour qui la philosophie pense-t-elle ? Pour quels intérêts ? Dans quel but ? Et surtout derrière quels masques se cachent encore les philosophes actuels ? Si Nietzsche faisait de la philosophie à coup de mar- teau, Nizan se sert du même outil pour construire une critique pragmatique et engagée. Ce mémoire interroge, de par la fonction même du philosophe dans la cité, ce qu’est la philosophie comme pratique intellectuelle aux conséquences dangereuses. Par-delà savoir pratique et pratique du savoir, ce sont les responsabilités politiques du philosophe qui sont ici en jeu.
 
26. Psychose et création dans l’ oeuvre de Maldiney - Adeline Guien
La psychose révèle l’importance fondamentale de l’Ouvert. dans le sens où les personnes psychotiques sont incapables de transpassibilité, c’est-à-dire de s’ou- vrir au réel, et donc à l’inattendu. L’enjeu est de cher- cher à comprendre comment ces personnes psycotiques peuvent tenter de renouer avec l’Ouvert, autrement dit avec l’existence. L’activité créatrice comme piste avancée pour tenter de répondre à cette interrogation.